Crimes et sciences : Les origines. Retour sur une exposition.

L’an dernier j’ai eu la chance en dernière minute de me rendre à l’exposition “crimes et sciences : Les origines” à Rillieux-La-Pape à côté de Lyon. Une exposition gratuite qui avait lieu au printemps et qui présentait les prémices de la police scientifique.

A savoir qu’en 2014 à Lyon, le Laboratoire d’Anthropologie Anatomique et de Paléopathologie de Lyon est expulsé de l’Université Lyon I (donc fermeture du cursus de M1 Recherches biomédicales : Anthropologie, Ethnologie et Sociologie de la Santé) sur le site de Rockfeller, et en 2015 le musée Testut-Latarjet situé au même endroit est prié de partir également et c’est la ville de Rillieux-La-Pape qui propose d’héberger les collections et de trouver des alternatives pour les mettre en valeur et les présenter au public sur rendez-vous sous le nom du Musée des sciences médicales et de la santé.

❤ Attention, des images peuvent heurter la sensibilité des plus sensibles ❤

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C’est donc dans le cadre de cette exposition que des objets (provenant de différents fonds) très intéressants sont mis à disposition du public pour en découvrir bien plus sur ce domaine connu des spécialistes mais bien mystérieux aux yeux du grand public. Une exposition simple mais efficace avec des intervenants vraiment très sympathiques et passionnés. J’ai eu la chance durant ma visite de pouvoir voir le Docteur Raoul Perrot, déjà croisé auparavant dans mes études et qui a déjà eu la gentillesse de répondre à mes questions pour une vidéo sur la chaîne. Un monsieur tout à fait accessible et qui a su trouver les mots pour expliquer à ma maman qui était avec moi et qui est novice ce que l’on pouvait voir dans certaines vitrines.

Comment est née la police judiciaire à Lyon ? En quelques phrases, en 1910, Edmond Locard était médecin légiste et élève du fameux Alexandre Lacassagne (médecin légiste et père de l’anthropologie criminelle en France), il crée dans les combles du palais de justice de Lyon le premier laboratoire mondial de police scientifique à l’époque.

En 1959, le professeur Pierre Morel créé un département d’Anthropologie médico-légale pour les identifications judiciaires. En 1967, ce département devint le laboratoire d’Anthropologie anatomique et de Paléopathologie à Lyon dont je vous ai parlé en introduction.

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Détail de la vitrine sur les poisons avec un exemple de poudre de momie dont l’usage pharmaceutique était très en vogue pendant de nombreux siècles.

On retrouvait dans l’exposition une présentations d’objets divers liés à des enquêtes criminelles, des photographies de scènes de crime anciennes, une vitrine sur les empoisonnements, et des vitrines sur les mises à mort de criminels et puis quelques beaux exemples de conservation de peau (tatouées ou de visage de condamnés à mort.) C’était complet et surtout on retrouvait des cas d’enquêtes criminelles qui se sont déroulées à Lyon ou dans ses environs.

Ici Jules-Joseph Seringer, condamné pour parricide en 1873 et guillotiné cours Charlemagne. La conservation de la peau est un élément tout à fait intéressant surtout à une époque de test, d’étude sur le corps, la tête (phrénologie par exemple), et permet de conserver le visage du meurtrier en plus de son moulage. Une pratique fascinante qui peut être dérangeante pour les visiteurs non avertis.  Le visage de Dumollard était également visible non pas dans l’exposition mais à l’ancien musée Testut-Latarjet. Accusé d’assassinats et de tentative d’agression sur des domestiques, il sera guillotiné en 1862 à Montluel et son visage sera également conservé.
Une façon d’immortaliser à jamais ces criminels et restituer un visage sur un nom.

Dans ce que j’ai préféré, il y avait des moulages en cire de personnes assassinée où l’on voit bien par exemple l’impact d’un coup de hache ou d’objet contondant. Mais aussi des boites crâniennes. Ce genre d’exposition permet de bien visualiser les impacts des différents objets lors de crimes et ces études sont intimement liées à l’anthropologie médico-légale toujours pratiquée à l’heure actuelle dont on voit ici les prémices avec des exemples du XIXe siècle.

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Dans l’exposition on retrouvait également de nombreux panneaux explicatifs sur la reconstitution faciale, son évolution mais également sur l’étude des crânes. Quelques expositions d’outils d’anthropologues comme le pied à coulisse, le compas céphalique (ci-dessous), des craniophores tout cela permet aux visiteurs d’en savoir plus sur les outils, leur évolution et leur fonctionnement.

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Compas céphalique

Également une vitrine sur la phrénologie. La phrénologie, inventée par Franz Josef Gall se base sur l’étude de la forme externe du crâne et permet d’attribuer des caractéristiques mentales à la personne étudiée au XIXe siècle. Considérée comme pseudo science elle reste néanmoins emblématique pour les personnes s’intéressant à l’histoire des neurosciences et de la criminologie. Ici un podcast disponible sur France Culture.

La police scientifique et l’anthropologie médico-légale restent très fantasmée par les gens à cause de séries télévisées généralement américaines qui donnent une image biaisée de la pratique avec notamment des outils bien plus high tech que ce l’on peut trouver dans les laboratoires français. Chauvine, je suis très fière de voir que ma ville est emblématique pour ces sciences, que de grandes découvertes ont eu lieu ici et que l’on puisse accéder lors d’exposition à des fonds aussi passionnants que ceux présentés ci-dessus. Pour terminer la visite, un atelier photo comme à l’époque est proposé et il était possible de repartir avec sa photo de face et de profil comme un vrai criminel ! La touche fun que j’ai adoré et qui m’a permis de ramener un souvenir malgré le fait que l’exposition était gratuite ! On voit rarement cela, et j’espère que d’autres expositions temporaires ou permanentes le jour où cela sera possible auront lieu.

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2 commentaires

  1. Encore une expo que j’aurais adoré voir ! Même si je ne regrette pas d’avoir quitté Paris pour la Bretagne, j’avoue que les expos des grandes villes me manquent souvent. En tout cas je suis hyper friande de ce genre d’articles (même publiés un an plus tard ! D’ailleurs ça m’encourage à oser écrire et publier sur des sujets passés…).

    1. C’est vrai que quand il y a enfin une expo qui tape dans les sujets qu’on aime c’est rare je trouve surtout à Lyon ! Mais oui je pense que les rétrospectives en articles ça peut intéresser des gens 😀 j’avais envie d’exploiter mes photos mais j’avais pas encore eu d’idée

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