Voyage insolite et funéraire à Naples.

Voyage insolite à Naples

Naples est sans aucun doute une destination idéale pour découvrir un patrimoine funéraire et insolite unique en Italie. Je pense que c’est un des voyages culturels les plus riches que j’ai pu faire autour de mon intérêt spécifique lié au funéraire. Il faut dire que cette région de l’Italie a toujours construit une part de mon imaginaire. Ma grand-mère italienne allait souvent dans la région car l’été, elle trouvait qu’il faisait trop froid en France. Est-ce que mon arbre généalogique a vagabondé dans cette zone de l’Italie ? Sûrement. En tous cas, j’ai réussi à être passe-partout ! Je profitais de ce voyage pour explorer Pompei et Herculanum également, mais ces deux sites feront l’objet d’un article entier car ils le méritent. 

Au moment de mon voyage insolite et funéraire à Naples, le cimetière des Fontanelle n’était pas réouvert, mais cela n’a pas empêché de faire de très belles découvertes que je vais partager avec vous dans cet article. Il m’a aussi manqué la visite des machines anatomiques car il n’y avait plus de place… mais ce n’est pas grave, ce sera pour un prochain séjour. Par contre, celles et ceux qui partent à Naples à partir de la publication de cet article pourront ajouter le cimetière des Fontanelle à leurs visites ! 

Crânes, catacombes et musées d’anatomie, embarquez pour un voyage à travers le temps et surtout, souterrain

Voyage insolite et funéraire à Naples

Table des matières

Santa Luciella a San Biagio dei Librai

Santa Luciella a San Biagio dei Librai

Une des caractéristiques de Naples reste son rappel constant aux âmes du Purgatoire. Le Purgatoire n’a rien de vacances, les âmes qui y sont ont besoin de la prière des vivants pour permettre d’avancer dans leur voyage post-mortem. Ainsi, la prière pour les âmes du Purgatoire revêt une grande importance, et cette dernière est rappelée de nombreuses fois à Naples. Ainsi, de ces prières aux âmes du Purgatoire, ont découlé d’autres cultes comme celui de l’adoption des crânes, au XIXe siècle. Le lien reste simple puisque ces crânes symbolisent finalement ces âmes, et ce culte devient quelque chose d’important : soit on vient faire des cadeaux aux morts matérialisés par leur crânes, soit on les adopte à titre individuel. Un crâne bien adopté fait des miracles. Un élément dont je parle aussi dans mon livre Funèbre !, tant pour Naples qu’en Bolivie, dans le cadre de ces adoptions particulières. 

D’ailleurs, ce sont principalement les femmes qui ont pu s’illustrer dans ce culte. C’est tout naturellement qu’à Naples on trouve plusieurs endroits où l’on croise des reliquats de ces cultes.  Direction tout d’abord Santa Luciella, ma visite préférée à Naples concernant le culte des crânes. Dans cette petite église, où l’on est accueilli par des mannequins de pénitents, se trouve une impressionnante manifestation du culte. Grâce à des visites guidées proposées par des guides chevronnés, on découvre le premier niveau de l’église, puis on s’enfonce sous terre pour retrouver les morts et des milliers d’offrandes et ex-voto. Le crâne le plus célèbre des lieux est celui aux “oreilles”, mais ce ne sont pas ses oreilles que nous voyons, mais plutôt un décollement de certaines zones du crâne. Il a appartenu à un homme touché par une sévère malnutrition de son vivant a été fort sollicité pour la dévotion. Ses “oreilles” auraient pu mieux entendre les demandes des croyants. 

Au moment de ma visite, il y avait une table avec de jeunes anthropologues qui étudiaient quelques ossements, j’ai trouvé que cela vraiment intéressant pour montrer aux visiteurs, que la science est vivante aussi au sein d’un lieu de culte. Les apports en paléopathologie peuvent être utiles pour mieux connaître les populations du passé. En tous cas, l’équipe transmet très fortement leur passion pour les lieux, et c’est un des endroits où j’ai eu les meilleures intéractions de mon séjour avec les personnes qui y travaillaient. Les visites guidées permettent de déposer ses petites offrandes si on le souhaite, et puis de s’imprégner de l’endroit. Je recommande vraiment cette visite, et les photos sont autorisées, ce qui n’est pas souvent le cas lorsqu’il y a des cultes des crânes dans la ville. 

Santa Luciella a San Biagio dei Librai

L'hypogée des Cristallini

L'hypogée des Cristallini

Mon autre coup de coeur de ce voyage a été archéologique, et il s’agit de la visite de l’hypogée des Cristallini. C’est une visite extraordinaire que je recommande à toutes les personnes intéressées par le patrimoine funéraire, mais aussi aux personnes qui aiment l’archéologie. Des tombeaux, j’en ai vu beaucoup, mais celui-ci est à couper le souffle. 

Tout d’abord, le lieu propose des visites guidées en plusieurs langues dont le français (notre guide a été vraiment formidable), et si la langue souhaitée n’est pas proposée en guide physique, il y a des audio guides avec 15 langues disponibles. Entrer dans ce type de complexe funéraire plonge le visiteur il y a 2300 ans. Au sein du quartier de la Sanita, on plonge en sous-sol pour découvrir ces chambres funéraires polychromes pour les grecs qui vivaient dans la ville. 

La visite se fait à la lampe torche, ce qui donne un petit côté “exploratoire” qui n’est pas désagréable, afin de s’imprégner de l’atsmophère du lieu. Ce qui est extraordinaire, c’est surtout le fatit de voir ces lits-sarcophages, ces peintures, et parfois des inscriptions sur les murs. Les hypogées ont été trouvées dans différents états, mais l’une a été retrouvée avec tous les objets d’accompagnement encore en place.  Mais c’est surtout les éléments picturaux qui rendent le lieu unique. L’hypogée appellée “C” est la plus célèbre puisque l’on retrouve une représentation de Méduse face à l’entrée. 

L'hypogée des Cristallini
On voit très nettement les divers ornements et les inscriptions sur les murs.

Si les personnes qui ne sont pas habituées à visiter des tombeaux peuvent voir cela d’un mauvais oeil, il est important de souligner l’importance de ce site et du projet autour de ces hypogées. C’est un témoignage historique unique qui mérite d’être protégé. La fondation de l’hypogée des Cristallini oeuvre pour la restauration et la protection, mais aussi, la valorisation des lieux qui ne sont ouverts que depuis 2022. 

Église Sainte-Marie-des-Âmes-du-Purgatoire

Église Sainte-Marie-des-Âmes-du-Purgatoire

Direction à nouveau une église incontournable autour de la thématique de la mort à Naples, l’Église Sainte-Marie-des-Âmes-du-Purgatoire. On ne peut pas la louper en passant dans la rue puisque l’évocation de la mort est déjà présente à l’entrée avec un crâne en métal que les gens touchent en passant. Sa patine est enlevée à force. On ne peut pas parler de cette église sans parler de quelque chose qui me fascine dans plusieurs cultures, et en particulier en Italie : les organisations religieuses lors des siècles passés créées pour la prise en charge des plus démunis.

Au XVIIe siècle, beaucoup de ravages ont touché les napolitains. En effet, en 1631, le Vésuve entre en éruption et tue plusieurs milliers de personnes. De nombreux habitants partent se réfugier à Naples qui est déjà dans une grande fragilité en termes sanitaires. En 1647 se déroule une révolution En 1656, c’est la Grande peste de Naples qui décime plusieurs centaines de milliers de personnes. Inhumées à la hâte et anonymement, leurs âmes sont alors condamnées au Purgatoire. Il faut les libérer grâce à la prière comme je l’expliquais en début d’article. Ainsi, l’église est pensée avec un étage dédié au culte, et en sous-sol, un espace dédié aux morts.

Dans l’espace dédié aux crânes, les images sont interdites. Mais il est possible de retrouver un catalogue et des cartes postales à l’entrée pour soutenir les lieux et sa conservation. Il y a également un petit musée, et il est possible de découvrir les ornements macabres. C’est ce que je trouve fascinant à Naples, la relation entre l’espace de morts, mais aussi celui des vivants, et cet entre-deux où ils communiquent. C’est vraiment exceptionnel, ainsi, visiter Naples par l’aspect funéraire n’est pas uniquement symbolique, c’est surtout pour mieux comprendre l’Histoire, et aussi les habitudes de vie des locaux à travers leur relation aux disparus. Ici, c’est tout un programme ! On retrouve d’ailleurs tout au long d’une marche à Naples, des petits santons qui sont prisonniers des flammes. Des hommes, des femmes, des prêtres, des nonnes…personne n’échappe à ce Purgatoire et tout est bon pour penser à ces âmes à qui sait y être sensible. 

MUSA - Museo Universitario delle Scienze e delle Arti

Museo Universitario delle Scienze e delle Arti

Attention : restes humains médicaux dans cette section. 

L’une des visites que j’attendais le plus de ce séjour était celle du MUSA, qui est incontournable pour toutes les personnes qui s’intéressent aux sciences médicales. J’ai beaucoup apprécié le fait que l’on puisse visiter avec un audioguide, ce qui fluidifiait la visite puisqu’il n’y a pas nécessairement de cartels. Lié au monde universitaire, il est nécessaire de bien se renseigner sur les modalités de visite.

La collection est probablement une des plus impressionnantes que j’ai pu voir de ma vie. Ecorchés, restes humains humides, cires anatomiques, pétrifications, tératologie, céroplastie, si vous êtes passionné, comptez bien plusieurs heures de visite. Les photos sont autorisées, ce qui est un fait très rare dans les musées d’anatomie. J’écrivais d’ailleurs sur le sujet il y a quelques temps. Certaines section, comme celle des malformations congénitales en formol peuvent vraiment dérouter les visiteurs, mais il est appréciable de voir que justement, les contenants et taux de liquide à l’intérieur sont bien gérés ce qui évite d’avoir des restes humains à l’air libre qui finissent par se décomposer. Point fort du musée à mon sens que ce sens de la conservation. Qui plus est dans une région où il fait très chaud en été, par exemple en 2026, beaucoup de musée d’anatomie ont eu très peur pour leurs cires anatomiques comme à La Specola de Florence.

J’étais beaucoup trop heureuse de voir la collection de pétrifications de Efisio Marini dont je parle dans mon livre Cabinet de curiosités insolites, médicales et macabres. En France, il est possible de voir la table offerte à Napoléon III au Musée de médecine de Paris. A Naples, on peut voir le reste de la collection, mais aussi d’autres éléments pétrifiés tout aussi fascinants.

Comme tous les musées de médecine et d’arts sanitaires, ces derniers sont des lieux qui permettent de mieux comprendre l’histoire de la médecine, ses réussites comme ses tentatives échouées. Elles remettent également en question d’autres éléments importants comme l’accès aux corps dans le passé, ou encore les questions éthiques de traitement et d’exposition. Ici à mon sens, c’est un sans faute car dès l’entrée, les visiteurs sont d’un silence religieux qui traduit aussi une forme de respect à mon sens, appréciable dans un musée qui su garder tout son sérieux et sa visée pédagogique.

Museo delle Arti Sanitarie

Peut-être un peu moins connu que le musée précédent, celui des arts sanitaires est une visite très intéressante mais qui se mérite en termes d’accès et d’horaires. J’ai pu visiter les étages de la collection où l’on retrouve beaucoup d’objets médicaux, mais aussi quelques cires et des éléments liés au médecin Saint Giuseppe Moscati, dont le culte est très important dans la ville.

Au moment de ma visite se déroulait un inventaire des collections et une prise en photo des objets par l’équipe. Comme dans quelques endroits à Naples, pour accéder à une visite qui n’est pas en italien, il faut soit tenter un mix de langues, soit faire la visite en italien si l’on est en mesure de comprendre un peu. Avec la gentillesse des personnes présentes, il a été possible en ville de faire quelques visites en italien un peu aidées. En tous cas, le musée reste très intéressant puisqu’il est même possible d’y voir un véritable équipement de médecin de Peste.

Museo delle Arti Sanitarie

Pour en revenir à Giuseppe Moscati, c’est à cet endroit qu’il a exercé au début du XXe siècle au sein de l’hôpital des incurables. Il travaillait aussi bien en tant que médecin, mais aussi en tant que scientifique pour aider aux avancées médicales. Au cours du début XXe, il est témoin et acteur clé pour tenter de sauver des gens lors d’une éruption du Vésuve, puis d’une épidémie de Choléra. Il prend ensuite des fonctions au sein de l’unité qui s’occupe de l’étude anatomo-pathologique sur des défunts. Dans le petit musée, on y voit sa salle d’autopsie, la table en marbre blanc est dominée par un crucifix et une inscription religieuse en latin.

Le médecin était déjà très populaire de son vivant, puisqu’il donnait beaucoup pour soigner les plus démunis, mais cela se rapprochait des idées franciscaines qu’il suivait (d’après Saint François d’Assise en 1209). Il était très croyant allant à la messe tous les matins avant de rejoindre la faculté pour enseigner ou l’hôpital pour soigner. Déjà, deux guérisons miraculeuses lui étaient attribuées. Lorsqu’il décède à 46 ans, c’est assez naturellement qu’un culte se développa dans la ville suite à sa vie de dévotion et de charité. Il faut attendre 1987 pour qu’il soit canonisé.

C’est suite à cette visite que j’ai pu constater à quel point son culte était toujours actif, à l’église du Gesu Nuovo où l’on retrouve sa châsse et sa statue. J’ai fait la queue comme les autres visiteurs pour toucher la main du Saint et ressentir la légère vibration du métal traversant ma peau. Idéalement, coupler la visite du musée et de l’église permet de mieux découvrir la ferveur autour du médecin Saint.

Ospedale dei Pellegrini

Ospedale dei Pellegrini

Cette visite constitue probablement une des plus complexes pour découvrir des éléments funéraires de Naples. Tout d’abord, cette église se trouve dans un hôpital. Ensuite, les visites ne se font qu’une fois ou deux par semaine. Enfin, la visite ne se fait qu’en italien. Mais si j’ai décidé de pousser au maximum pour la faire, c’est parce que le lieu abrite…des moines momifiés ! Est-ce que je pouvais laisser passer une telle occasion ? Non.

Fondé en 1578, le lieu servait à accueillir les pélerins qui venaient de plus en plus nombreux à Naples. Et comme dans presque toutes les visites que nous pouvons faire à Naples, on distingue bien les zones au dessus du sol comme les églises et leur nef, et les cryptes qui demandent de descendre. Ici, on retrouve le fonctionnement comme souvent en Italie, de confréries ou d’archiconfréries s’occupant des plus pauvres dans le passé. Cette question de momies me taraudait, si vous me suivez, vous savez qu’aucune crypte ne me résiste. Quand je suis arrivée pour la première fois pour visiter, on n’arrivait pas à se comprendre avec le monsieur qui nettoyait l’église. J’ai sorti mon plus bel italien pour lui dire “Dove fratelli, mummie?” et là, il m’a indiqué qu’il fallait revenir.

La visite guidée est très intéressante, bien que je n’ai pas tout compris puisque mon niveau d’italien a ses limites (et que mon niveau de napolitain n’est fait que de jurons), j’ai tout de même pu voir une momie de moine dans une des niches en bois que l’on voit en photo. Il n’y a pas eu d’étude récente sur les corps, je serai très curieuse d’en savoir plus si un jour cela est fait afin de mieux comprendre la vie de ces moines qui ont dédié la leur aux autres. La guide nous a ouvert une niche pour voir un des moines momifiés, mais je n’ai pas pris de photographie car cela était du bon sens.

Je remercie chaleureusement les visiteuses qui ont aidé pour comprendre certains éléments en italien, et la guide qui a accepté notre présence au sein du groupe ! Certaines personnes avaient d’ailleurs leurs ancêtres qui étaient des charitables liés à l’activité de l’hôpital il y a quelques siècles. C’était vraiment passionnant.

Les giardinetti : petits jardins des morts.

Au regard des photographies de la crypte, vous avez pu remarquer des grands espaces de terre où ont été placés des faux crânes. Il s’agit de ce que l’on appelle en italien giardinetti, les petits jardins. On les trouve tout particulièrement dans les sous-sols à partir du XVIIe siècle dès que le culte des âmes du Purgatoire s’est intensifié. Ici, le jardin permettait d’inhumer le corps, afin d’accélérer la décomposition pour récupérer le crâne par exemple (nous le verrons dans le chapitre suivant), et installer les os dans un ossuaire adapté. La question des doubles funérailles intervient dans le cadre de cette histoire funéraire napolitaine, le mort termine sont chemin une fois les rites et gestes accomplis, pour lui permettre une nouvelle vie post-mortem en adéquation avec les croyances de ses proches, et les siennes de son vivant.

Quelques photos en extérieur pour reprendre son souffle avec toutes ces visites sous terre ! C’était Pâques, alors j’ai eu la chance de voir beaucoup de processions et de chars. C’était une belle atmopshère, je recommande beaucoup. 

Catacombes de San Gaudioso

Catacombes de San Gaudioso
Crédit photographique Chérifa Lehtihet

Comme vous pouvez le voir, c’était un ensemble de visites assez intense pour un séjour qui a duré une semaine. L’une des visites que j’attendais avec impatience était celle des catacombes de Naples avec San Gaudioso et San Gennaro. Comme j’avais déjà été aux catacombes de Rome, et que la fatigue se faisait ressentir, le billet couplé pour les deux sites des catacombes n’a été utilisé que pour celle de San Gaudioso car c’était ici que je souhaitais voir quelques particularités.

Direction l’église de Santa Maria della Sanità. Les catacombes ont leur accès par un petit escalier qui permet, lors d’une visite guidée, de découvrir les différents couloirs de la zone. On y trouve une occupation paléochrétienne avec quelques fresques, et c’est surtout la partie datant du XVIIe siècle qui est particulièrement déroutante pour les non initiés. Dans la galleria dei nobili, il est possible de retrouver des fresques qui représentaient le rang et le métier du noble défunt, le tout surmonté de son crâne dans une forme de niche céphalique. Merci à Chérifa Lehtihet qui m’a donné ses photos pour l’article car tous les guides ne les autorisent pas (le mien ne voulait pas, le sien était d’accord).

Scolatura et fluides corporels. 

L’un des éléments les plus intéressants est à mon sens la salle de scolatura que l’on découvre lors de la visite. Cette salle avait pour vocation de permettre de drainer les fluides des morts, tout en permettant une dissécation du corps. Les niches permettant de placer les défunts assis pouvaient éviter une inhumation en gardinetti. Les fluides sortaient naturellement par les orifices du bas du corps. D’après Marcello Guarino, il n’est pas exclu que les proches puissent se rendre dans la salle pour prier, voir leur proche et constater l’avancée de la décomposition du corps. Ce type de salles, que l’on peut retrouver également dans des couvents en Italie, pouvaient servir d’un nouvel espace de prière et de méditation autour de la mort pour les personnes qui y vivaient (voir mon article précédent dans le cadre orthodoxe par exemple).

J’ai fait un petit collage ci-dessous pour vous montrer les corps assis dans les niches.

Santa Maria La Nova et la tombe supposée de Dracula

Complexe Monumental de Santa Maria La Nova.

Ce dernier site présenté dans cet article est un de ceux qui comporte une part de mystère tout à fait intéressante ! Ici serait située la tombe du célèbre Vlad Țepeș. Celui représenté par un dragon aurait-t-il eu son corps enterré à Naples ? Et son crâne où est-il ? A Istanbul ? Tant de légendes existent autour du personnage historique, mais la visite vaut le coup d’oeil !

Le corps de Vlad n’a jamais été retrouvé. Or, ce corps manquant est à l’origine de bien des légendes. En 2014, l’idée que Dracul repose à Naples émerge dans la presse. Beaucoup de biographies s’accordent à dire qu’il est mort au combat au cours du XVe siècle. Mais, sa fille ayant épousé un noble napolitain aurait rapatrié son père pour l’inhumer dignement. C’est l’ensemble de symboles transylvanien qui a poussé les chercheurs sur place à envisager cette hypothèse grâce à un code astucieux : un dragon, Dracul et deux sphynx. Ils flanquent le tombeau et font directement référence à la cité égyptienne de Thèbes. Or, dans certains textes anciens et jeux de mots médiévaux, la ville de Thèbes était symboliquement associée ou surnommée d’une manière qui renvoie phonétiquement à Tepes. 

Le mystère reste entier et surtout…il fait débat !  

Ce voyage insolite et funéraire à Naples touche à sa fin. Si vous vous demandez où se trouvent Pompei et Herculanum, ces deux sites auront leur propre article prochainement sur mon blog. Au cours de ce voyage, j’ai eu l’occasion de croiser une procession funéraire pour un jeune tué par balle au centre de la ville. C’était extrêmement intéressant et émouvant de voir qu’un autel était placé au coeur d’une zone très passante. Le soir, la famille et les proches venaient se recueillir autour de la photographie géante de leur disparu. Je pense que Naples constitue un de mes voyages les plus marquants en lien avec mes intérêts spécifiques. J’ai hâte d’y retourner et de pouvoir visiter ce que je n’ai pas vu la première fois.

J’espère que cet article vous a plu, je vous dis à très bientôt pour la suite et pour de nouvelles aventures !

Juliette 

Sources : 

  • Fornaciari, Antonio. (2013). [Skeleton or mummy: practices and structures for secondary burial in southern Italy in modern and contemporary age]. Medicina nei secoli. 25. 205-38.  
  • Fornaciari, A., Giuffra, V., & Pezzini, F. (2010). Secondary burial and mummification practices in the Kingdom of the two Sicilies. Mortality, 15(3), 223–249. https://doi.org/10.1080/13576275.2010.496616
  • Torino M, Cirillo G, Basile R, Papa M (2026) The accomplishment of centuries of science and medical school: The Museo Anatomico in Naples. Natural History Collections and Museomics 3: 1-15. https://doi.org/10.3897/nhcm.3.e171785
  • Guarino, Marcello. (2024). Purgatory, cult of the abandoned dead and funerary rituals in the popular culture of Naples. Rivista di Storia Della Medicina. 5. 1-54.
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